Paul Bliek

Paul, Jean, Henri, Bliek, né le 31 janvier 1932 à Caudéran (Gironde) et mort le 3 février 20261, est un dirigeant d’entreprise français. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, il est de 1954 à 1957 membre de cabinets ministériels de la IVᵉ République et compte parmi les membres fondateurs du comité de rédaction des Cahiers de la République, revue lancée en 1956 par Pierre Mendès France. Il fait ensuite carrière dans l’industrie en Nouvelle‑Calédonie (1972-1986) à la direction de la Société Le Nickel (SLN), où il devient directeur général avant de rejoindre le siège parisien du groupe comme secrétaire général. Il est fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 1985 et chevalier de la Légion d’honneur en 1989.
Jeunesse et formation
Né le 31 janvier 1932 à Caudéran, alors commune indépendante aujourd’hui rattachée à Bordeaux, Paul Bliek est élève du Lycée Thiers à Marseille où il obtient son baccalauréat. Il obtient en 1954 son diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris, section Service public 2 . Il complète cette formation initiale par un passage à l’Institut d’informatique et de gestion en 1968‑1969.
Cabinets ministériels de la IVème République (1954‑1957)
Dès sa sortie de Sciences Po, Paul Bliek entre au service de l’État. D’octobre 1954 à janvier 1955, il est attaché au cabinet du président du Conseil Pierre Mendès France3. Il devient ensuite chargé de mission au Secrétariat général du gouvernement.
Par arrêté du 6 février 1956, il est nommé chef adjoint de cabinet de Paul Anxionnaz, secrétaire d’État aux Forces armées (Marine) du gouvernement Guy Mollet4. Il occupe cette fonction jusqu’au 5 février 1957, date à laquelle il y met fin à sa demande, ayant été appelé sous les drapeaux5.
Sur la même période, il reste étroitement lié à Pierre Mendès France en dehors de ses fonctions officielles. En mai 1956, il figure parmi les membres fondateurs6 du comité de rédaction des Cahiers de la République, revue radicale lancée par Mendès France, aux côtés de Claude Nicolet, René de Lacharrière, Marcel Roncayolo et Maurice Sorre. Il en est initialement le directeur7 avant d’être remplacé par Laurence Martinet.
Service militaire (février 1957‑ juillet 1959)
Appelé sous les drapeaux en février 1957, Paul Bliek suit les cours d’élève officier de réserve à l’École militaire de Cherchell, en Algérie. Il est nommé sous‑lieutenant de réserve en décembre 1957 et affecté au 3ème régiment étranger d’infanterie de la Légion étrangère, alors engagé dans la guerre d’Algérie8. En octobre 1958, il est muté à la Présidence du Conseil, compagnie des services n° 1, à Paris9. Il est libéré du service actif au cours de l’été 1959.
Promu lieutenant de réserve par décret du 21 mars 196010, il est fait lieutenant honoraire le 16 avril 1969, puis admis à l’honorariat de son grade en 1970, ses obligations légales étant satisfaites11. Il est titulaire de la médaille commémorative de l’Algérie et de la carte du combattant.
Retour au secteur privé (1958‑1971)
À l’issue de son service actif, Paul Bliek rejoint des cabinets d’organisation : la Compagnie générale d’organisation (CGO), puis la Compagnie d’études économiques et de gestion industrielle (CEGI), où il travaille de 1958 à 1961 sur l’organisation administrative et les études de marché.
De juillet 1961 à août 1964, il est secrétaire général du Centre international d’études techniques (CIET), bureau d’études filiale de Philips spécialisé dans l’ingénierie hospitalière.
De 1964 à 1971, il est directeur des services généraux commerciaux de la société Hutchinson, responsable des dépôts et filiales étrangères ainsi que du réseau de vente.
Nouvelle‑Calédonie, Société Le Nickel et Groupe Eramet (1972‑1993)
Il est embauché par la SLN en mars 1972, et en avril 1972, Paul Bliek s’installe en Nouvelle‑Calédonie pour occuper un poste créé à cette occasion : Chargé de mission auprès du directeur délégué de la Société Le Nickel (SLN)12.
En 1973, lui sont rattachés le service du plan et des études économiques, le service juridique et fiscal, ainsi que le contrôle de gestion. Il y assume la responsabilité du dossier de la réforme fiscale votée par l’Assemblée territoriale en 1975.
En 1978, à la suite d’une réorganisation, l’ensemble des services de la direction administrative et financière de la SLN en Nouvelle‑Calédonie lui est rattaché. Il devient également Président Directeur Général des établissements MAGECO, le supermarché de la SLN.
Il devient ensuite secrétaire général de l’établissement calédonien en janvier 1984, puis directeur d’établissement en avril 198513, avant de devenir Directeur général de la SLN en juillet 198514, puis de rejoindre Paris en novembre 1986 comme secrétaire général du Groupe Eramet.
Il quitte le Territoire le 28 novembre 1986 15 16, puis quitte le groupe Eramet le 30 avril 199317, mais reste président d’ACT, l’Agence Calédonienne de transit, filiale de la SLN.
Mission temporaire dans le cadre d’une mission parlementaire (juillet 1993 à janvier 1994)
Il est collaborateur du député de Nouvelle-Calédonie, Jacques Lafleur, dans le cadre de la mission parlementaire qui lui a été confiée par le premier ministre Édouard Balladur sur les relations économiques et commerciales entre la France et l’Extrême-Orient et l’Asie du Sud-Est18.
Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale
Paul Bliek est trésorier de la SEIN de 2014 à 202219.
Engagements institutionnels et associatifs
Paul Bliek est conseiller presbytéral de L’Eglise Réformée de Passy-Annonciation à Paris seizième avant son départ en Nouvelle-Calédonie.
Parallèlement à ses fonctions industrielles, Paul Bliek occupe en Nouvelle‑Calédonie plusieurs mandats représentatifs.
Il est nommé conseiller du Commerce extérieur de la France de 1979 à 198820 21, et préside la commission de l’Australasie de cette instance. Administrateur du Port autonome de Nouméa de 1978 à 1986.
Il siège sur la même période au Comité consultatif d’agence de l’Institut d’émission d’outre‑mer (IEOM) pour la Nouvelle‑Calédonie, de 1980 à 1986.
Il est membre fondateur, puis trésorier et enfin président de l’Association pour le développement industriel de la Calédonie (ADICAL, 1978‑1986)22.
Il est membre du conseil d’ administration de l’Institut pour jeunes filles Jeanne d’Albret et vice-président du conseil presbytéral de la paroisse du Vieux Temple de 1974 à 1986.
Membre fondateur et trésorier de l’Association pour la promotion de la technologie française dans le Pacifique Sud (INTECPAC, 1981).
En octobre 1984, il organise à Nouméa le SITRAC, séminaire des industries et technologies dans le Pacifique, dans le cadre de la 25ème réunion de la Commission du Pacifique Sud.
Distinctions honorifiques
Paul Bliek est fait chevalier de l’ordre national du Mérite par décret du 15 février 1985, publié au Journal officiel du 19 février 1985 au titre du secrétariat d’État chargé des Départements et territoires d’outre‑mer23.
Il est fait chevalier de la Légion d’honneur par décret du 12 juillet 1989, publié au Journal officiel du 14 juillet 1989, au titre du ministère de l’Économie et des Finances, alors dirigé par Pierre Bérégovoy24.
Publications
Il est l’auteur d’une monographie de la paroisse protestante de l’Oratoire du Louvre / P. Bliek, sous la direction de M. François Goguel, 1953. Identifiant VIAF : http://viaf.org/viaf/203135212, Identifiant ISNI : 000000043158142625
Il est l’auteur d’un article de numismatique consacré à l’histoire monétaire de la Nouvelle‑Calédonie, paru dans le mensuel 30 jours dans le Pacifique en 1981.
Vie familiale
Paul Bliek se marie en 1962, le couple a deux enfants.